Rue des livres, des histoires qui nous relient

D’où nous parlons, nous sommes convaincus que la lecture est un acte d’émancipation, de transformation et que la littérature est notre terreau commun. Face à ces mots, il y a des chiffres et des réalités qui nous disent autre chose. Alors, que fait-on ? Lire ne peut pas être une injonction ou un devoir.

Lecture et écriture sont des pratiques par nature solitaires, notre intention est que la littérature se vive et se partage ; d’éveiller ou réveiller le plaisir de lire, pour qu’à travers lui, s’assouvissent nos besoins de découverte, d’appartenance, notre besoin de s’évader, d’apprendre,…

Nos intentions…

Créer un festival qui, par sa dimension ouverte et conviviale, permet de désanctuariser la littérature. En proposant des médiations inventives avec l’auteur, continuer à faire vivre son œuvre, son univers, au-delà du livre. Et aussi l’essaimer ailleurs, hors de ses lieux ; créer de l’inattendu en mettant la littérature là où on ne l’attend pas, la déranger en la mettant là où elle ne s’attend pas à être.

Diffuser et présenter la littérature comme un art vivant, notamment avec et à travers d’autres formes artistiques. Car littérature, danse, photographie, cinéma, théâtre… tout est affaire d’écriture. A travers ce kaléidoscope, la littérature s’enrichit, se démultiplie, projetée sur autant de miroirs.

Une littérature vivant à travers les mots écrits – et l’on sera attentif au lien étroit entre maîtrise de l’écriture et aisance dans la lecture -, lus, dits, entendus, pourvu qu’ils soient partagés. Parce que c’est grâce à eux que s’instaurent le dialogue : dialogue de soi à soi, de soi aux autres, de soi au monde. Parce que ce sont eux qui nous relient.

Nous entendons « Je manque de temps » (le festival invite à le prendre), « je ne trouve pas d’histoires qui m’intéresse », qui sont quelques unes des raisons récurrentes d’un décrochage avec la lecture.

Il ne s’agit pas tant de défendre un certain type d’écriture ou un genre littéraire en particulier, mais de faire découvrir des histoires, car elles nous (em)portent hors de nous, elles sont une fenêtre ouverte sur le monde ; elles questionnent nos passions, nos aspirations ; elles sont un miroir de notre vie, réelle ou rêvée. Que nous raconte-t-on ? Comment ? Quel écho en nous ?

Nous cultiverons un éclectisme soucieux d’accessibilité et de qualité, un équilibre entre la programmation d’auteurs reconnus d’un public large et des écrivains émergents à la recherche de ce même public ainsi qu’un croisement entre les genres.

Le caractère unique et à la fois renouvelé d’un festival, sa « concentration » d’acteurs et de possibilités font que se créent et se multiplient les occasions de rencontres dans un temps et un espace collectifs. Rencontre entre auteur et lecteur bien sûr mais aussi entre lecteur et lecteur, et avec tous les acteurs de la chaîne du livre.

Les pratiques de lecture sont très dépendantes du contexte familial*. Notre volonté est de concevoir un événement qui permette aux familles de se retrouver autour du plaisir des mots et des histoires (passant par l’écrit aussi bien que par l’oral) ; de les accompagner dans la transmission, y compris grâce aux potentialités des nouveaux outils numériques.

Enfin, le festival s’est créé et n’a cessé d’évoluer grâce à la mobilisation des bénévoles et des habitants. Il veut continuer de grandir ainsi, en étant un événement auquel les habitants sont associés en amont, en coulisse, sur scène,… Parce que sans ce préalable, les saines intentions de rencontres et d’échange ne resteraient que de vaines idées.

Ainsi le festival comme une ponctuation :
une parenthèse où l’on prend le temps ;
un point d’exclamation au détour d’une découverte ;
une virgule : pause pour reprendre du souffle (être inspiré).

 

 

* Lecture d’histoire, présence du livre dans la maison, fréquentation des lieux tels que la bibliothèque,… Etude du CNL sur « Les Français et la lecture », avril 2017.